Cyril Zarcone
Assemblage en arche
02 octobre 2019

Poser, exposer, réexposer 

Assemblage en arche est une œuvre qui sera montrée dans une autre modalité pour l’exposition personnelle de Cyril Zarcone à la Galerie Eric Mouchet intitulée « Côté jardin », du 12 octobre au 23 novembre. Elle sera, en effet à cette occasion, exposée en résonnance directe avec six autres arches particulières qui formeront ensemble une composition unifiée. Pour cette exposition au Laboratoire de la Création, Cyril Zarcone nous invite à penser le procédé d’exposition d’une œuvre comme un processus d’ex-position. 

L’œuvre ici visible est, pour le spectateur, une sculpture unique qui prend, dans l’esprit de l’artiste, une trajectoire temporairement autre. Son isolement spatial et contextuel peut être perçu comme un renouvellement, comme une intensification ou comme une cristallisation. L’appréhension de la sculpture peut se rejouer librement ; en considérant ou non ses référents dans le monde réel, dans l’histoire de l’art et, plus particulièrement ici, son caractère fragmentaire, si l’on tient compte du groupe sculptural plus large dans lequel elle est également pensée et sera exposée dans quelques jours. 

Cette sculpture exposée de 18 à 22h est celle qui a été choisie et photographiée pour le poster/flyer d’invitation de l’exposition « Côté Jardin ». Individualisant la sculpture en la rendant suffisante par l’image, la photographie a, par le déplacement du médium et du regard,  permis à l’artiste de rassurer l’isolement de la pièce et sa force suggestive autonome pour la mettre à l’épreuve de la solitude en vue de son exposition unique et temporaire au Laboratoire de la Création. 

L’isolement de la sculpture dans l’espace et sa temporalité brève lui donnent force d’œuvre à part entière dans cette modalité d’exposition. Mais le spectateur peut également prendre le temps d’élargir son expérience et sa conception de l’œuvre, en faisant jouer les différentes temporalités, de la sculpture et du lieu, et en envisageant cet entre-deux proposé par la pièce elle-même et par sa modalité d’exposition spécifique. L’œuvre tient en équilibre métaphorique ; à mi-chemin entre le fragment et l’édifice/ échantillon paradigmatique d’une globalité, d’un discours artistique cohérent. 

Dans la solitude de son exposition et le caractère descriptif de son titre, la sculpture cristallise un certain nombre de possibles et d’expériences. Ses référents ; au jardin, à l’art, à l’environnement ou à la perception (re)contextualisée du spectateur sont aussi fragiles que subtiles puisqu’ils ne dépendent que de l’attention à l’œuvre et à ce qu’elle fait naître dans l’esprit de chacun. 

 

Maki Cappe